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Goodies or not goodies

By 18 juillet 2019 No Comments
goodies or not goodies

Le tour de la question

Le Tour de France en été, c’est comme un nouveau Nothomb pour la rentrée littéraire : on s’en passerait bien mais faut faire avec. Et qui dit Tour de France dit forcément caravane, celle du haut de laquelle sont balancées des centaines de goodies chaque année.

Une tribune signée par une vingtaine de députés et six ONG, publiée début juillet, demandait qu’une action soit menée par ASO, l’organisateur du Tour, pour réduire le nombre – 18 millions – d’objets publicitaires offerts au public à chaque édition. Aujourd’hui, les retombées d’un événement se calculent aussi avec la trace écologique que celui-ci va laisser.

Un déchet éthique reste un déchet

Ces 18 millions d’objets (réduits à 15 par ASO, mais la question est ailleurs) en cachent des millions d’autres, fruits d’un réflexe un peu paresseux qui sommeille en chaque communicant amené à travailler sur un événement. Grand public ou BtoB, pour 20 personnes ou 20 millions de spectateurs, on sort le même package sans le requestionner : on va faire des totebags car c’est sympa, qu’importe d’avoir tous chez soi un sac pour mettre tous les sacs qu’on nous distribue à chaque événement. On va faire des mugs car ça reste sur les bureaux, qu’importe d’en avoir 15 dans le placard. On va faire des stylos car c’est pratique, même si le dernier venu viendra s’échouer à côté de dizaines d’autres… dans un mug publicitaire.

Ces dernières années ont bien vu l’objet publicitaire muter, accompagné de l’adjectif « éthique », mais un déchet éthique reste un déchet. Un objet qui a peu d’utilité offre peu de visibilité mais accouche d’un impact écologique non négligeable.

Pour un nouveau matérialisme

N’importe quelle personne ayant déjà travaillé sur un salon le sait : les goodies attirent le badaud, en cravate ou en claquettes. Mais pour quel résultat, quelle visibilité et surtout quelle image ? Si l’on veut que les gens arrêtent d’en prendre, arrêtons d’en distribuer.

Chez B Side, nous œuvrons pour une communication juste, et osons le dire, une communication sobre. Nous estimons qu’il n’est pas nécessaire de distribuer des centaines de chapeaux de paille en plastique logotés pour créer du contact qualifié, et que de la visibilité à tout prix ne naîtra qu’une image écornée.

Mieux encore : et si ne pas donner d’objet publicitaire sur un événement avait plus d’impact que d’en distribuer, pourvu qu’on sache l’expliquer ? Nous rêvons d’un événement durant lequel les entreprises et les organisations n’auraient qu’une chose à offrir à leurs visiteurs : de l’attention.