La communication interne, instrument de résilience des entreprises

By Agathe |

Deux semaines après le début de la crise, et passé l’état d’incompréhension, de sidération et de flottement, les dirigeant.es ont réagi et les entreprises se sont adaptées. Premier défi : appréhender la masse d’informations liée aux aides de l’État et étudier les aménagements du droit du travail possibles en cette période de crise.

Elles sont aussi nombreuses à adapter leur chaîne de production en fabriquant des masques en textile ou des litres de gel hydroalcoolique ; l’agilité et la solidarité ne manquent pas et toutes les entreprises inventent de nouveaux rythmes, selon leur activité.

Que nous soyons au travail, en télétravail ou en activité partielle, nous adoptons tous ces mêmes nouveaux rythmes avec notre conjoint, nos enfants, nos voisins, la famille plus éloignée et les autres en général. Cela confirme bien que nous sommes des êtres sociaux et que, quelle que soit la frontière, nous réinventons les échanges.

Ce qui est essentiel pour chacun d’entre nous l’est aussi pour nos entreprises. Avec les collaborateurs d’abord (viendront les clients ensuite !), le rythme, la nature et la tonalité de la communication doivent être adaptés à ces circonstances exceptionnelles. Une bonne communication interne constituera un levier de résilience majeur durant toute la durée de la crise et, aussi, lors du retour « à la normale ».

1. Revenir aux fondamentaux

Quand ça tangue, c’est le moment de s’accrocher à la barre. Et donc de s’interroger sur ce qui fonde l’action de votre entreprise. Voilà qu’au fond de la cave, on déniche LES valeurs (on peut aussi recourir à la promesse, la vision, les piliers.

Peu importe le terme, pourvu que vous ayez les bases !). Elles étaient bien au chaud, cachées au fond de votre site web et ne demandent qu’à prendre l’air. Solidarité, excellence, partage, écoute, esprit d’équipe, conquête, satisfaction client… Comment ces mots peuvent-ils se traduire dans un quotidien chamboulé et un monde désorienté ?

Ce sont eux qui vont guider vos décisions dans les prochains jours. Ce sont eux qui vous aideront à refaire équipe au lendemain de la crise. Encore faut-il les incarner, les illustrer, les prouver.

2. Le rôle des dirigeant.es

Quand ça tangue, c’est aussi, pour les équipes, le moment de s’intéresser au capitaine. Et donc d’écouter attentivement ce qu’il dit en cette période de tempête. Quelle est sa vision ? Quel cap montre-t-il ?

L’exercice d’une prise de parole directe et transparente ne peut pas être évité. C’est le moment de rassurer ou d’informer sur les prochaines échéances, de montrer qu’il y a un chemin, et des actions mises en place. C’est aussi une belle opportunité de réaffirmer les piliers de votre entreprise. Arthur Sadoun, le président du directoire de Publicis, l’a fait simplement dès le dimanche 16 mars. En martelant deux mantras : créativité et proximité avec les clients.

Le faire une fois, c’est bien, organiser une prise de parole régulière, c’est mieux, notamment en vue du retour « à la normale ».
Aux côtés des dirigeant.es, les managers ont aussi un rôle à jouer pour relayer les messages et maintenir le lien, tout en accompagnant les collaborateurs dans une organisation différente.

Voilà une bonne occasion de mesurer l’efficacité de la chaîne d’information et la qualité de la communication managériale de votre entreprise. Et, le cas échéant, d’y apporter les ajustements nécessaires.

3. Mettre l’humain (et aussi le digital !) au cœur de la stratégie

Cette formule éculée de la communication corporate prend, dans ces circonstances, tout son sens si l’on veut bien, pour une fois, la mettre en œuvre sans cynisme. Le niveau 1 de la communication interne va consister à s’assurer que les collaborateurs peuvent continuer (ou non) à exercer leur activité dans les meilleures conditions de santé et de bien-être qui soient. Et donc à diffuser les mesures que l’entreprise a prises pour respecter ces conditions et à expliquer vos choix.

Deuxième vague : partager et faire fonctionner cette nouvelle organisation temporaire du travail, sur site de production comme en télétravail.

Enfin, en niveau 3, l’ambition est de rassembler, de continuer à faire équipe, de donner le cap pour mieux préparer le retour.
Les entreprises qui avaient pris du retard sur leur transformation digitale vont devoir, au pire, sauter dans le train, au mieux, poursuivre cette route à marche forcée pour communiquer et assurer un fonctionnement minimal dans les prochaines semaines.

Petites ou grandes structures l’ont déjà compris, à l’instar du groupe de transport et logistique Brangeon (Loire-Atlantique), qui a mis en ligne une page spéciale d’information dédiée à ses salariés. La dimension pédagogique est traitée sous forme de FAQ et une communication régulière par mail ou SMS a été mise en place.

Ne l’oublions pas : si les outils digitaux facilitent la diffusion d’une information descendante, ils créent également des circuits et des communautés sur lesquels on pourra encore mieux s’appuyer demain.

Car c’est bien-là le sujet : comment continuer à faire communauté alors que nous sommes tous séparés ?

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